
C’est l’histoire d’amour entre Antoine et Brigitte qui a tourné au vinaigre. Ils se sont rencontrés à l’Université dans la faculté de médecine. Après quelques années d’amitié, ils ont décidé de changer de statut et se sont fiancés. Une année seulement avant le mariage, Antoine découvre une chose qui va bouleverser toute sa vie : son beau-père est son père. Récit.
« Chéri(e), ngo turasa vya vrai ? » (on se ressemble vraiment ?) se taquinaient souvent les deux amoureux. Antoine est médecin généraliste dans un hôpital modeste à Bujumbura. Brigitte, quant à elle, elle vient de défendre sa thèse de fin de cycle.
Leur ressemblance amène souvent certains de leurs amis à faire ce genre de captions sur leurs statuts Whatsapp : « Aba faux jumeaux nikundira » avec des émojis aux yeux cœurs rouges.
A l’origine de tout
« So yaradutaye mwana » (ton père nous a délaissé fiston), avait toujours entendu Dr Antoine dans son enfance des lèvres de sa maman. Il ne connaissait son père que de nom : Robert Msafiri, un tanzanien. Rien d’autre. Pas même une photo.
Résidant à Muyinga, Msafiri y tient un magasin d’articles alimentaires. C’est là que le jeune Msafiri à l’époque a eu une aventure d’amour avec Généviève, la maman de Dr Antoine deux mois seulement après s’y être installé. 1 mois seulement après la relation, le corps du Dr Antoine commença à se tisser dans les entrailles de sa mère.
« Matunda ya kwanza ya nguvu zangu ! » (Premier fruit de ma vigueur) s’écrie Msafiri en accueillant dans ses bras le futur médecin. Geneviève commence à croire à une nouvelle vie heureuse à trois. 2 semaines seulement après, un bon matin de Novembre, Msafiri a disparu. Son petit magasin est doublement cadenassé. Les voisins de Msafiri informèrent Geneviève que le père de son fils avait commencé à embarquer ses affaires il y a de cela 3 jours. Calcul fait, Geneviève se rendit compte que c’est à partir du jour où ils étaient allés faire inscrire leur bébé à la commune. Et depuis ce jour, Geneviève n’a plus revu son âme sœur.
Installé désormais à Rumonge, Msafiri se marie légalement avec Judith et eurent ensemble 3 enfants. Brigitte est la seule fille de cette fratrie. Elle a connu une vie aisée auprès de ses deux parents tous deux grands commerçants de Rumonge.
Le mystère s’éclaircit
Engagés tous deux à se prouver à quel point ils s’aimaient, Dr Antoine et Brigitte n’ont jamais donné une importance particulière au fait de connaître leurs belles familles. Un jour, comme par hasard, Brigitte doit faire faire la photocopie de sa carte d’identité. Le temps lui faisant défaut, elle décide de laisser Antoine s’en charger. En consultant la carte ID de sa fiancée, Antoine reste comme paralysé devant le secrétariat public. Il à la fois terrifié et étonné. C’est un samedi.
Une chose est sûre : son père n’est pas mort mais il est juste parti. Autre chose : les blagues sur sa ressemblance avec sa fiancée. Malgré la myriade de pensées qui le traverse, il fait photocopier la carte ID quand même. « Chéri uri bizarre ? » lui fait remarquer Brigitte dès qu’ils se rencontrent. « Tout simplement fatigué bébé, la semaine a été dure », s’excuse Antoine.Il prend quand même soin d’accompagner sa promise à l’arrêt bus et de déposer une petite bise sur sa joue. Il ne dit aucun mot à sa fiancée mais le doute s’installe.
Le jour où tout a basculé
Geneviève la mère d’Antoine est à Bujumbura se faire soigner pour un problème de courbatures. Elle est hospitalisée à l’hôpital où travaille son fils. Et comme par coïncidence, les parents de Brigitte sont à Bujumbura pour un enterrement. Ils décident de passer saluer leur fille qui était près de sa belle maman avec qui elle venait juste de faire connaissance à l’hôpital.
Ayant l’adresse complète de l’hôpital et de la chambre, c’est Msafiri le papa de Brigitte qui entre en premier puis sa femme. Sur son lit de malade, Géneviève se retourne. Entre temps, Antoine son fils entre aussi. Ils sont à 5 dans la chambre. A la vue du vieux Msafiri, Géneviève, yeux écarquillés, semble rêver. « Msafiri mme wangu… » ! s’écrie-t-elle larmes aux yeux. Silence dans la chambre. Les deux mains sur la bouche, Msafiri réagit : « Gene… ??? » avant de tomber en syncope.
Des 5 personnes présentes dans la chambre, seule la maman de Brigitte reste sur ses deux pieds bien qu’en position accroupie tête entre les mains…. !


Iyo nkuru muzoyibandanya
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