
Certains amoureux sont intransigeants. Ils ne veulent ni recevoir la réponse « non », ni la comprendre. Et si vous avez la malchance de tomber sur un illuminé, alors là c’est encore pire. Voici une triste histoire dont j’ai été victime.
Mon gentil bel amoureux était mon voisin. Appelons le Charles. Il habitait la maison qui était en face de la mienne. Il avait fait les choses de manière courtoise et vraiment comme il le fallait. Seulement, je n’étais pas du tout amoureuse de lui. Parfois c’est comme ça et on n’y peut rien. Je le lui avais ouvertement fait comprendre. Seulement il se refusait catégoriquement à cet état des faits.
Un jour, il prit le car pour Makamba* et il vint me voir sans m’avoir consultée sur le fait que j’y serai ou pas ! Malheureusement pour lui, je n’y étais pas. Il m’envoya un texte aussi long que le permet les pages WhatsApp avec mention de chaque date et de chaque phrase que je lui ai dite. Je fus très alarmée et fut obligée de m’excuser. Toutefois, je me décidai à en parler avec mon pasteur pour qu’il y ait transparence. Après cette épisode, je me suis dite : « c’est fini, il a compris. »
Pas au bout de mes surprises…
C’est alors, je suppose, qu’il se tourna vers les prophètes. Les prophètes de son église lui assurèrent que Dieu m’avait destinée à être son épouse. Miséricorde ! Un jour, une de ces prophètes, une dame, est venue chez moi sous l’invitation de mon frère pour prier. J’ignorais son agenda caché lors de sa venue. Je fus impressionnée par sa prestation et me décidai à me rendre un week-end à leur lieu de culte. Elle commença à prophétiser et arriva au point où elle me dit : « Aujourd’hui même nous allons célébrer ton mariage,, appeler ‘Mutumishi’ pour lui dire de rompre son jeûne car notre prière a été exaucée. Appeler Charles qu’il vienne immédiatement ! »
Dans ma tête, tout s’enchaînait et se bousculait. Je n’étais toujours pas amoureuse de Charles et ce n’était surtout pas lui avec qui je voulais passer le restant de mes jours ni dans le bonheur ni dans le malheur … Que devais-je faire?
Il est arrivé quand j’étais toujours en train de me débattre dans mes pensées sans trouver de solution d’urgence. Dès son arrivée, la foule se mit à crier et la prophétesse elle-même commença à sauter et danser avec la foule en folie et Charles me donna une accolade qui dura plusieurs secondes. C’est à ce moment que je me décidai de prendre le large. Dès qu’il me lâcha, je pris la fuite.
Trop c’était trop !
Sa sœur et une autre femme me suivirent. Elles me demandèrent de revenir sur mes pas. « C’est un jeu, ça ne t’engage en rien, revient.» essayèrent-t-elles de me rassurer. « Je ne peux pas faire ça, je suis dans un lieu saint et je ne puis mentir devant Dieu. » répliquai-je !« Super, reviens ! » insistèrent-elles. Non, désolé ! Telle est ma faiblesse ! Je ne peux pas jouer avec le Très Haut!
En sortant de là, je me rendis chez mon mentor spirituel. Elle me rassura et pria pour moi. Je pris également rendez-vous avec un homme de Dieu très sérieux qui pria pour moi et me confirma que c’était une fausse prophétie. Et, comme si ce n’était pas suffisant, Charles en a fait un sujet de discussion et cette histoire se raconte dans les bars… et moi j’ai la mauvaise étiquette de la meuf abenga (qui rejette les gars).
Comprenez, le Burundi est un petit pays. Tu me balances un nom, quelques recherches et hop, la personne est vite localisée. Cette histoire m’a été rapportée par Carine* une de mes anciennes amies au cœur d’une discussion.
Conseils et recommandations
1) Si un homme ou une femme vous dit « non » n’allez pas casser de la noix sur son dos. Si vous avez des reproches à faire à la personne, allez directement voir la personne avec laquelle vous êtes en conflit ou avez un différend et réglez-le !
2) Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas que l’on vous fasse.
3) God is matchmaker ; et si une femme/ homme vous dit NON, prenez votre mal en patience ; ça ne sert à rien de menacer et d’obliger une personne à être avec vous si elle-même ne le veut pas ! Dieu a toujours le meilleur pour nous.
Prenez le temps de guérir si vous en avez souffert et sachez que quelque part il y a une personne pour vous et que vous n’aurez pas à souffrir le martyr pour être ensemble.
Charles, je t’ai pardonné néanmoins !
Par Anouchka Nganji
N.B : Des pseudos ont été utilisés pour des raisons de confidentialité.

