Société

Les « ghettos » : maisons de production de conséquences

Il existe actuellement tellement de maladies, de grossesses et de problèmes qui trouvent naissance dans des lieux intimes où la victime est souvent la seule à connaître ce qui s’est réellement passé.

Crédit photo: BBC

Appelés « ghettos » à Bujumbura, i kampisi (campus) à l’intérieur du pays, certaines chambrettes d’élèves ou d’étudiants se sont qualifiées comme de véritables pépinières de maux. Une moquette en plastique, quelques papiers A4 d’un syllabus éparpillés sur une table, une petite étagère, quelques 2 ou 3 petites assiettes, quelques 2 gobelets, quelques oignons rouges, une bouteille kinju à moitié remplie d’huile de palme, un subwoofer, un petit banc en bois à 4 pieds pour n’en citer que ceux-là. Tels sont les quelques trucs qu’on retrouve chez la plupart des jeunes garçons qui vivent seuls, « bipangiye » comme on aime le dire en kirundi. Un petit entre parenthèses : cet article a été écrit après tant de voix contre. J’espère qu’on comprend directement qui étaient contre. Mais… tant pis pour eux !

A l’abattoir on tue

Personnellement, j’avoue qu’aller saluer un ami vivant chez lui et non chez eux est pour moi un moment merveilleux. Pas besoin de jouer les visiteurs, pas besoin de diminuer le volume de mon téléphone pour écouter un message audio sur whatsApp pour ne pas gêner les parents, les frères ou les sœurs de mon ami, pas besoin de garder fermés les boutons de ma chemise alors qu’il fait vraiment chaud…. Au fait c’est là où s’applique vraiment le  » faites comme chez vous « . Remplaçant le « je » par « elles », les choses deviennent autres !

Rita ( pseudo) témoigna en 2018 : C’était l’année dernière je n’avais que 15 ans j’étais vierge et j’étais en couple avec mon copain depuis 6 mois et un jour il m’a invité chez lui il avait un de ses potes que je connaissais bien. On a mangé et ensuite j’ai pris mon verre que mon copain m’avait servie et 10 ou 15 minutes plus tard je commençais à me sentir mal. Alors ils m’allongèrent sur le canapé. Je voyais tout ce qui se passait mais je n’arrivais pas à bouger et là c’était horrible car il m’a violée […]

Le volontariat qui tue

Plusieurs (les « elles ») y ont été forcées de perdre leur virginité, plusieurs ont failli y être violées, plusieurs y ont été forcées de prendre leur toute première verre de bière, plusieurs y perdent du jour au jour leur dignité, plusieurs y ont récolté 9 mois de peines, de regrets, d’humiliations et de discriminations, plusieurs y ont contracté le Sida mais mais malheureusement peu ont été forcées à y aller. Loin de moi l’idée d’être contre une amitié garçon-fille mais aller voir un type chez lui… je mets un mais!

Chère grande sœur, chère petite sœur, peut être que tu y es déjà allé plusieurs fois sans retombées mais sache que le temps est un très bon donneur de leçons. Peut-être aussi que tu n’y as jamais été, alors la décision t’appartient. Eeeeeeh… je risque de m’attirer des ennuis avec les jeunes hommes qui peinent tant pour avoir de quoi se nourrir et se payer le loyer à la fin du mois! Si mwese yemwe ( vous n’êtes pas tous à blâmer) mais les faits sont têtus, twambaye umubiri.

Par Arsène Ngabirano

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