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Ebola : le Dr Tedros, DG de l’OMS, tire la sonnette d’alarme

Lors d’une confĂ©rence de presse ce mercredi 20 mai, le Directeur gĂ©nĂ©ral de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a alertĂ© sur la gravitĂ© de l’épidĂ©mie d’Ebola en RDC et en Ouganda. Face aux risques Ă©levĂ©s de propagation, l’OMS a pris une dĂ©cision inĂ©dite en dĂ©clarant une urgence de santĂ© publique de portĂ©e internationale avant mĂȘme la rĂ©union du ComitĂ© d’urgence. Voici l’intĂ©gralitĂ© de son allocution d’ouverture.

Dimanche matin, j’ai dĂ©clarĂ© une urgence de santĂ© publique de portĂ©e internationale face Ă  l’Ă©pidĂ©mie de maladie Ă  virus Ebola en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo et en Ouganda. C’est la premiĂšre fois qu’un Directeur gĂ©nĂ©ral dĂ©clare une urgence de santĂ© publique de portĂ©e internationale avant la rĂ©union d’un ComitĂ© d’urgence.

J’ai pris cette dĂ©cision conformĂ©ment Ă  l’article 12 du RĂšglement sanitaire international, aprĂšs consultation des ministres de la SantĂ© de la RDC et de l’Ouganda, et compte tenu de l’urgence de la situation.J’ai dĂ©terminĂ© que la situation ne constituait pas une pandĂ©mie, qui est la nouvelle classification la plus Ă©levĂ©e en vertu du RĂšglement sanitaire international modifiĂ©.

AprĂšs avoir dĂ©clarĂ© l’urgence de santĂ© publique de portĂ©e internationale (USPPI), j’ai immĂ©diatement convoquĂ© un ComitĂ© d’urgence conformĂ©ment au RĂšglement sanitaire international (RSI). Ce comitĂ© s’est rĂ©uni hier et a conclu que la situation constitue une urgence de santĂ© publique de portĂ©e internationale, mais pas une pandĂ©mie. L’OMS Ă©value le risque Ă©pidĂ©mique comme Ă©levĂ© aux niveaux national et rĂ©gional, et faible au niveau mondial.

À ce jour, 51 cas ont Ă©tĂ© confirmĂ©s en RDC, dans les provinces septentrionales d’Ituri et du Nord-Kivu, notamment dans les villes de Bunia et de Goma – bien que nous sachions que l’ampleur de l’Ă©pidĂ©mie en RDC soit bien plus importante.

L’Ouganda a Ă©galement informĂ© l’OMS de deux cas confirmĂ©s dans la capitale, Kampala, dont un dĂ©cĂšs, parmi deux personnes ayant voyagĂ© de la RDC vers l’Ouganda. Un ressortissant amĂ©ricain travaillant en RDC a Ă©galement Ă©tĂ© testĂ© positif et rapatriĂ© en Allemagne.

Plusieurs facteurs justifient une vive inquiétude quant au risque de propagation accrue et de nouveaux décÚs.

PremiĂšrement, outre les cas confirmĂ©s, on dĂ©nombre prĂšs de 600 cas suspects et 139 dĂ©cĂšs suspects. Nous prĂ©voyons que ces chiffres continueront d’augmenter, compte tenu de la durĂ©e de circulation du virus avant la dĂ©tection de l’Ă©pidĂ©mie. DeuxiĂšmement, l’Ă©pidĂ©mie s’est Ă©tendue, avec des cas signalĂ©s dans plusieurs zones urbaines. TroisiĂšmement, des dĂ©cĂšs ont Ă©tĂ© signalĂ©s parmi le personnel soignant, ce qui indique une transmission nosocomiale. QuatriĂšmement, la rĂ©gion connaĂźt d’importants mouvements de population.

La province d’Ituri est extrĂȘmement instable. Le conflit s’est intensifiĂ© depuis fin 2025 et les combats ont connu une escalade significative au cours des deux derniers mois, avec plus de 100 000 personnes nouvellement dĂ©placĂ©es. La rĂ©gion est Ă©galement une zone miniĂšre, ce qui engendre d’importants mouvements de population et accroĂźt le risque de propagation. Enfin, cinquiĂšmement, cette Ă©pidĂ©mie est causĂ©e par le virus Bundibugyo, une espĂšce de virus Ebola pour laquelle il n’existe aucun vaccin ni traitement homologuĂ©.

Face Ă  tous ces risques, j’ai dĂ©cidĂ© qu’il Ă©tait urgent d’agir immĂ©diatement pour prĂ©venir de nouveaux dĂ©cĂšs et mobiliser une rĂ©ponse internationale efficace.

Je tiens Ă  remercier le gouvernement de la RDC, l’Institut national de recherche biomĂ©dicale, l’Institut national de santĂ© publique et les autoritĂ©s sanitaires locales des zones touchĂ©es pour leur leadership et leur coopĂ©ration.

Je remercie Ă©galement le gouvernement ougandais d’avoir reportĂ© les commĂ©morations annuelles de la JournĂ©e des martyrs, qui peuvent rassembler jusqu’à deux millions de personnes, en raison des risques liĂ©s Ă  l’épidĂ©mie. Mes remerciements vont tout particuliĂšrement Ă  Son Excellence le PrĂ©sident Museveni pour cette dĂ©cision.

L’OMS a dĂ©ployĂ© une Ă©quipe sur le terrain pour appuyer les autoritĂ©s nationales dans leur riposte. Nous avons mobilisĂ© du personnel, des fournitures, du matĂ©riel et des fonds.

Afin de soutenir notre action, j’ai approuvĂ© un financement supplĂ©mentaire de 3,4 millions de dollars amĂ©ricains provenant du Fonds de rĂ©serve pour les situations d’urgence, portant le total Ă  3,9 millions de dollars amĂ©ricains.

En l’absence de vaccins et de traitements, les pays peuvent prendre de nombreuses autres mesures pour enrayer la propagation du virus et sauver des vies, comme l’a soulignĂ© le ComitĂ© d’urgence dans ses recommandations temporaires.

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