Économie

Stage professionnel : exploitation de l’homme par l’homme ?

Le manque d’emplois pour le pays en général et de créativité chez les jeunes en particulier constitue un facteur majeur du désœuvrement de la jeunesse burundaise selon certaines opinions. Le stage professionnel se substitue progressivement à l’espoir d’être recruté pour les jeunes chômeurs au Burundi. Néanmoins, les entreprises profitent du besoin cruel d’occupation des jeunes fraîchement sortie des Universités dans le pays et dans la sous-région.

Pas mal de questions se posent sur le fait de savoir si le stage substitue suffisamment le travail. La façon dont les stagiaires sont traités au lieu de stage et l’espoir que donne ce stage en ce qui est du respect des clauses du code de travail au Burundi et dans le monde m’amène à m’interroger également sur l’avenir, en matière de production, des entreprises qui, probablement, profitent de la situation des jeunes pour les exploiter.

Une vie insupportable

Les stagiaires professionnels ne sont presque pas distingués du staff de l’entreprise n’eut était les fins du mois qui sont gérées différemment. Il est impensable que le stagiaire « professionnel » travaille autant d’heures que l’employé mais à la fin  toucher dix fois moins que l’employé. Je ne nie pas que ce dernier a une certaine ancienneté qui explique la différence salariale. Toutefois, si le stagiaire a travaillé 8 heures par jour, l’employeur devrait en tenir compte à la fin du mois. Ce qui est évident, c’est que le stagiaire mène une vie déplorable malgré cette occupation.

Stagiaire proie ?

Il s’avère réel que certaines organisations à caractère commercial profitent du chômage des jeunes pour les exploiter. Par-là, on veut dire ces organisations dont la tentative d’organisation de grèves est toujours sanctionnée par le renvoi. Certes, le stagiaire préfère continuer malgré lui. Je me permets de me demander si le stagiaire le fait réellement pour acquérir de nouvelles connaissances et pour s’expérimenter comme on le trouve dans sa fameuse lettre de motivations. Si c’est cela, je n’aurais pas le droit de m’en étonner. Mais, ce qui m’intéresse c’est la cohérence entre l’usure humaine et ce que les professionnels ont appelé « frais de déplacement » et que moi j’appelle agashirukabute (encouragement).

Steve*, ancien stagiaire d’un organe de communication témoigne d’un important gouffre entre la fatigue qu’il encaissait et les frais qui lui étaient alloués. La réaction du corps lui a révélé qu’il fallait arrêter de marcher sur l’épine et arrêter ce stage. « Je devrais me présenter au Bureau à 8h plus tard et rentrer à 18h au plus tôt ! La fatigue était de loin supérieur à la motivation qu’on me donnait. Il faut revoir ces frais qu’on nomme de déplacement pour qu’ils motivent le stagiaire. » se lamente-t-il.

Faible motivation, faible production

Il serait illusoire de s’attendre à un bon rendement auprès d’un personnel négligemment traité. Les sages burundais le disaient « akosha umusyi kava mu ngasire ». Certainement que les entrepreneurs et les directeurs des entreprises souhaitent voir leurs entreprises progresser. Chose normale. Mais, paradoxalement, certaines d’entre elles préfèrent recourir aux stagiaires professionnels pour, à mon avis échapper aux contrats. De ce fait, les entrepreneurs burundais portent atteinte au développement de leurs entreprises car, disaient les anciens, « Imbwa uyihenda umuziha nayo ikaguhenda umuhondo».

Je ne veux décourager ni les stagiaires, ni les employeurs mais plus on est expérimenté plus on produit. Plus on est motivé, plus on produit. Faites recours aux stagiaires professionnels mais le faire en considérant sa force et sa vie après les heures de travail serait plus productif.

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