Éducation

Burundi : une fin d’Exétat pas comme les autres

Du 28 au 31 juillet 2020, les élèves finalistes du cycle secondaire passaient leur examen de fin d’études secondaires. En général, l’évaluation s’est bien passée sur tout le territoire du pays même si quelques insolites étaient au rendez-vous comme pour déstresser les « exéteurs ». Citons la désormais Madame Evelyne qui a eu son bébé au moment où elle passait son examen. Néanmoins, plusieurs personnes attendaient avec impatience de voir comment la fin de cet examen sera célébrée. Neilla, lauréate à l’Exétat, témoigne comment elle a vécu cet après études tant attendu.

Finalistes du Lycée de l’amitié

À travers les vitres, je regardais par la fenêtre. Je pouvais lire l’excitation sur le visage de chacun. Les premiers à quitter leur salle d’examen s’émerveillaient. On ne pouvait qu’entendre des cris de bonheur dans tout l’établissement.

Une atmosphère gaie malgré…

Arrivée à l’extérieur, je voyais des élèves courir dans tous les sens. Les surveillants ne nous quittaient pas des yeux. De loin, ils nous surveillaient comme prêt à attaquer à tout moment. On voyait que les élèves contenaient leurs émotions pour ne pas défier l’autorité.
On s’était résolu à vivre ce jour d’une façon banale compte tenu des instructions qu’on avait reçu tout au long de l’année. Pourtant la joie était au rendez-vous malgré notre peur de dépasser les limites.
Malgré cette atmosphère gaie, j’avoue qu’on n’était pas à notre aise. Ne pouvant pas exprimer notre bonheur à haute voix de peur de péter les plombs. On se sentait limités un peu comme les autres jours de notre scolarité. Pas question du kanyaga kanyaga (la fameuse chanson que dansaient les élèves finalistes de l’année passée à la plage uniformes déchirées).

Plus calmes cette année

Comme on a pu le voir les années précédentes, les élèves en plein euphorie avaient la coutume de se défouler de toutes les sortes portant des vêtements en lambeaux couleur sadolin, dansant et chantant à tue-tête écrasant et déchiquetant tout ce qui leur rappelait leurs longues années de stress et d’insomnie. Cette année, Tout le monde était apeuré. On s’est privé de ce petit « plaisir » car on nous disait qu’on serait privé de nos certificats et personne ne voulut prendre ce risque. Les uns sont même allés jusqu’à dire que si jamais ils voyaient quelques-uns le faire, ils les dénonceraient eux même pour ne pas être considéré comme complices de ce comportement. On était plus réservé, plus calme même si apparemment il y avait un groupe d’élèves qui subissait un interrogatoire car ils avaient eux aussi griffonné sur leurs uniformes. On s’interrogeait donc sur leur sort. Néanmoins, on a aperçu quelques élèves qui ont griffonné de petits mots les uns sur les autres.

La majorité d’entre nous s’est vite retrouvée le soir en ville. Dans les bars de la capitale étaient rassemblés un grand nombre de finalistes. Dans la bonne humeur, on s’arrosait comme jamais, on buvait, mangeait et dansait. Fatiguée mais surtout comblée je décidai en fin de soirée de prendre congé de mes amis et nouvelles connaissances les laissant veiller jusqu’à l’aube.

Par Neïlla Nziza et Arsène Ngabirano

1 réflexion au sujet de “Burundi : une fin d’Exétat pas comme les autres”

  1. Bonjour, ce n’est pas une question. Je souhaiterais tout simplement connaitre le nom de l’auteur du poème  » Bujumbura…merci

    J’aime

Répondre à Gervais. B Annuler la réponse.