Le Burundi est surnommé « le pays de lait et de miel ». Joli comme nom n’est- ce pas? Mais pourrait-on en dire autant de l’entretien que lui réserve (ou plutôt ne lui réserve pas) ses résidents; il y a lieu d’être perplexe…

Lorsque vous arrivez à Bujumbura, notre capitale économique, « bon accueil, sourires, ambiance, confort vous séduiront…» chantait Steven Sogo. Mais par contre, les déchets par mètre carré deviennent monnaie courante. C’est à Buja où vous verrez les gens consommer dans des plastiques usagés, utiliser des sachets et du papier jetable et les abandonner à hauteur de leur position. C’est aussi à Buja où vous verrez des hommes soulager leur vessie près des bars où ils se rencontrent ngo basome rimwe ( pour prendre un verre ), des passants cracher et se moucher en pleine rue, des femmes laver leurs habits dans des eaux sales et y baigner leurs enfants, des habitants jeter leur poubelle dans les caniveaux près de leur maisons, etc.
Tout ceci pour dire, les Burundais admettons-le, on n’est pas des adeptes de l’hygiène qui pourtant aurait des effets extrêmement bénefiques pour nous et notre pays au niveau économique et social.
Des raisons qui devraient nous pousser à agir
D’après une enquête menée par le Ministère de l’eau, de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme :
• un tiers de la population burundaise vit quotidiennement dans des conditions d’hygiène déplorables et est en contact avec un atmosphère saturé de mauvaises odeurs et contenant des germes et d’autres éléments pathogènes liés à l’inexistence ou au non respect des normes sanitaires et environnementales. Les conséquences se chiffrent en milliers de décès par an.
• les maladies imputables à la précarité des conditions d’hygiène sapent la croissance économique et se chiffrent chaque année en millions de journées de travail perdues.
• au-delà des conséquences directes sur la population burundaise, le manque d’hygiène et d’assainissement constituent des obstacles au développement de l’investissement extérieur et en particulier du tourisme.
A cela s’ajoute l’imminence du réchauffement climatique dont les pays du tiers-monde sont les premières victimes, et avec nos actions nous ne faisons qu’aggraver nos cas.
Que Faire alors ?
« Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. » ~ John Fitzgerald Kennedy
A chaque fois que nous posons un acte d’ordre sanitaire, réfléchissons aux conséquences que celui ci pourrait avoir pour nous et notre communauté, en respectant les règles d’hygiène par de simples gestes comme: se laver régulièrement nos mains, se moucher à l’aide d’un mouchoir, se soulager dans les lieux habilités, éviter de cracher en public (ce qui est aussi une règle de bienséance), jeter les papiers, emballages et autres dans les poubelles, trier les déchets afin que ceux qui peuvent être recyclés le soient etc.
Bref, toutes ces petites actions que l’on jugerait inutiles mais qui pourtant nous sauvent la vie à grande échelle.
Par Inès Colyse Izere


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