Société

Tous les champignons ne sont pas comestibles

Plusieurs jeunes ont tellement envie du pognon que parfois même ils en deviennent victimes. L’exemple ne m’est pas loin car j’en suis personnellement un témoignage vivant.

Je ne me souviens plus vraiment le mois dans lequel on était ou bien plutôt je ne veux pas vraiment me souvenir mais je me rappelle que j’étais allé voir Tec (pseudo) chez lui et après un certain moment, il me dit qu’il aurait eu un job pour moi. Quel ne fût pas mon plaisir d’entendre quelqu’un qui pense à moi. Normalement c’est lui qui devrait faire ce job mais malheureusement, il n’avait pas assez de temps. Alors curieux que j’étais, je voulus en savoir plus sur le genre de job que j’allais décrocher et qui allait m’occuper étant donné que j’étais dans une détente.

Je vais essayer de vous dire en peu de mots en quoi consistait ce fameux job que je venais de décrocher. En fait, c’était un logiciel dénommé « Minetree Softech » que Tec s’était procuré moyennant quelques centaines de francs Bu. Il contenait 100 pages « scannés » qu’il était impossible de copier et de coller. Le travail était alors d’ouvrir dans ce même logiciel une feuille vierge où il fallait recopier intégralement ce qui est sur la page « scannée » sans sauter aucune page, c’est à dire aller page après page. Chaque page contenant autour de 50 lignes. Confiant en ma vitesse de travail sur machine, je pris le job, lequel devrait se faire en seulement 10 jours au plus avec une paye de 2500Fbu/page. Ne me demandez pas ce qu’ils allaient en faire, mon objectif était l’argent. Place aux consignes alors: » 1. Tu commets une seule erreur, même une faute de virgule, toute la page est annulée (c’est à dire 2500 de perdu) 2. Tu dépasses les 10 jours de travail, tout le travail est annulé. 3. Langue d’écriture: l’anglais. » L’attention et la concentration devraient faire équipe pour faire ce travail.

Logo de Minetree Softech

Et comme si on m’avait somnambulisé, j’acceptai les termes du contrat puis quelques jours après le job démarra. Ooooh que ma désolation fut grande, j’ai regretté le jour où j’ai acceptéé ce job. Tellement c’était fatigant, tellement c’était stressant que le 2ème ou le 3ème jour, je déposai ma démission, laquelle fut rejetée ! Tec me signala que quand on a commencé il faut vraiment terminer sinon ça pourrait nous coûter cher. Ce sont les règles du jeu, le chemin retour n’était pas possible. Il fallait terminer les 100 pages coûte que coûte. Durant deux jours déjà, je n’avais pas encore saisi même 7 pages, alors que le compte devrait être déjà de 20 pages. Embarrassé et confus, je pris la décision de passer ce job à un ami informaticien et chômeur mais sa vitesse de saisie laissait à désirer. Heureusement Tec et moi finissâmes par trouver un terrain d’entente : il allait travailler les nuits et moi les journées. Même avec cette nouvelle solution, les 10 jours on les dépassa. Avec quelques négociations, Tec eût un prolongement de la durée de travail. Si ma mémoire est bonne, le temps record que j’ai passé sur une seule page fut de 56 minutes alors que ma vitesse de saisie je la croyais plus ou moins acceptable, celle de Tec aussi. Un espace de travail limité (on était obligé de saisir sous la page scannée: la fenêtre était donc scindée en deux), un « anglais mélangé »(versets bibliques, citations, signes de ponctuations qui se succèdent à plusieurs, nouvelles de presse etc…) qui ne facilitait pas du tout la mémorisation de tout un paragraphe car on devrait veiller aussi aux fautes d’orthographe pour ne pas rater « bibiri n’atanu » (2500Fbu) de la page, un anglais qui était aussi pour la plupart des pages un anglais de tous les siècles sauf le 21ème. Celles -ci furent les grandes difficultés que nous rencontrâmes.

Enfin le jour F arriva, le jour de la fin du travail. Je ne me souviens plus si c’est Tec qui écrivit les derniers mots ou si c’est moi mais je sais qu’on l’a vraiment achevé. Au fond de moi, c’était un ouf de soulagement, j’en avais vraiment marre! Et… après correction, 95 pages contenaient certaines erreurs de frappe et les boss(incognito pour moi) n’avaient trouvé que 5 pages seulement sans faute. Ils prirent le soin de nous envoyer la grille de correction. Sur les 250.000 Fbu qu’on espérait avoir si tout le travail avait été sans faute (chose impossible), je vous laisse un peu faire travailler vos méninges : 2500×5=combien? Oui c’est ça que fût le merci de la société Camara Softech basée en Inde. Ce fut le salaire de Tec et moi, notre salaire! Leçon morale : vérifiez toujours attentivement les termes de votre contrat!

Une minute de silence s’il te plaît en hommage à mes énergies et celles de Tec…. Merci !

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