Société

Ils ont décidé que Bobo crève…

Plusieurs bébés sont retrouvés sans vie, abandonnés par les leurs. Bobo est l’un d’eux.

« L’avortement est dangereux paraît-il et pas question de toucher à ma vie; seul l’enfant doit partir, moi je reste! » « Alors, attendons qu’il naisse et puis, nous verrons ».

C’est alors dans les dépotoirs, les W.C., dans les sachets, les rivières et les buissons que ces êtres innocents trouvent leurs derniers demeures ou leurs pré morgues, abandonnés par leurs parents, parfois, étranglés et étouffés par leurs mamans qui étaient censées être leurs protectrices. Osant qu’il est, Hollywood n’a jamais produit un film d’une telle horreur, c’est tellement inhumain, c’est tellement osé, c’est tellement criminel, c’est tellement honteux, c’est tellement…!

Notre triste histoire se déroule au quartier 6 de la zone Ngagara où Bobo (il fallait quelqu’un qui lui donne un nom quand même) est retrouvé dans un champ, sentant déjà, de manière à couper l’appétit de certains. « Wenda kawa Obama katawala Amerika… » (Peut être qu’il sera Obama et gouvernera les États-Unis) chantait Bien Aimé de sauti sol, qui suppliait une fille qu’il avait engrossée de ne pas avorter. Bobo n’a pas eu de Bien Aimé qui supplie pour lui ! Il ne célébrera ni la Noël, ni la Bonne année, il n’ira jamais au vaccin, il ne sera jamais bambin, il ne sera jamais turbulent, personne ne saura jamais s’il était de tempérament chaud ou froid, non personne. Bobo nous a quittés comme tant d’autres bébés qu’on retrouve, ici et là, jettés comme si ils étaient des abcès dont il fallait se débarrasser à tout prix! Ils sont de père x et de mère y, c’est tout ce qu’on sait sur eux!

J’essaie de m’expliquer les raisons qui poussent ces crimamans (criminelles mamans) mais ça ne tient pas la route. Pas d’accord que ce soit la meilleure solution mais je préfère entendre un enfant abandonné vivant devant une maison quelque part qu’un bébé abandonné mort quelque part. Même l’assassin (terme utilisé au Burundi pour désigner celui qui incarne le méchant dans un film) tolère parfois les bébés. Comment arriver à vivre avec une conscience tranquille après un tel péché, comment parviennent-t-elles à rigoler avec une telle chose qui pèse sur leurs consciences? Vous les engrosseurs, vos cœurs sont made in où? pour supporter une telle culpabilité ? Voyons voir les quelques raisons avancées pour justifier ces tueuries: grossesses non désirées, manque de moyens pour élever le bébé, enfant non reconnu ni par le père ni par la famille et tout consort… Mais à tout cela je dis: l’enfant a droit à la vie!

Bobo était peut-être le fruit d’un viol, d’une soirée de gala qui s’est terminée au lit, d’un verre de plus, de l’imprudence de deux jeunes adolescents… personne ne le saura mais, ce qui est sûr, c’est que Bobo était un être humain à qui il fallait seulement quelques jours, mois ou années pour que le temps nous révèle ce dont pourquoi le Créateur avait permis qu’il nous parvienne sur la planète terre. Leurs assassins (mamans et/ou papas) les tuent pour se donner la paix, pense-je, mais je crois que c’est plutôt, le début d’une guerre intérieure qui ne finira jamais. Accepter la fameuse souffrance de 9 mois, supporter les douleurs de l’enfantement puis quand tout ça est fini… tuer. Ça là, ça a un nom: inhumanité! Cher Bobo, je n’accuse pas ta maman mais de par l’histoire qui se répète, elle est la suspecte numéro un dans ta triste histoire ! J’espère juste qu’elle se repentira devant le Créateur, ton papa aussi!

On n’est pas tous nés légitimement, vu les critères pris en compte par les « crimamans » pour passer à l’action, plusieurs personnes n’auraient jamais célébré leur semaine de vie car tellement ils étaient candidats au sachet ou au WC mais aujourd’hui elles sont ce qu’elles sont. Laissez ces enfants vivre, donnez leur cette chance de vivre chers parents, on ne sait jamais !

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