
Le Forum des médias à Dakar a souligné l’importance des journalistes, surtout des médias communautaires, dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) en Afrique. Il a abordé la formation des journalistes, l’implication des leaders traditionnels, la gestion des fausses informations et la lutte contre les mutilations génitales féminines.
La deuxième journée de rencontres qui a eu lieu le 5 décembre 2024 a abordé plusieurs thèmes essentiels pour renforcer les efforts de sensibilisation et de changement social en Afrique.
Un des points majeurs de cette journée a été l’importance d’une formation spécialisée pour les journalistes afin de mieux couvrir les sujets liés à la santé sexuelle et reproductive (SSR) et aux VBG. Il a été souligné qu’un vocabulaire adéquat est nécessaire pour discuter des traditions nuisibles et pour sensibiliser le public au changement social. Les journalistes ont également fait face à des défis logistiques et financiers, particulièrement dans les zones reculées. Une solution proposée a été d’inclure ces journalistes dans la conception des projets de sensibilisation, afin de mieux répondre aux réalités locales.
Témoignages et projections
Un documentaire sur la masculinité positive au Mali a été projeté. Ce film a révélé les obstacles socioculturels et religieux qui empêchent les femmes de dénoncer les violences. Les discussions ont également mis en lumière l’importance de donner la parole aux victimes, affirmant qu’il ne suffit pas de réunir des journalistes, mais de permettre aux victimes de partager leur vécu pour faire avancer les débats.
La question du rôle des leaders traditionnels et religieux dans la lutte contre les VBG a également été abordée. La Reine Mère d’Oussouye, Alice Oumai, ambassadrice d’ONU Femmes, a plaidé pour que les familles brisent le silence sur les violences conjugales. Le Dr Jules, de la RDC, a appelé à une plus grande mobilisation des chefs d’État pour éradiquer les VBG et a évoqué les avancées en RDC, notamment la participation accrue des femmes dans les instances décisionnelles.
Lutte contre les fausses informations
Un panel a été consacré à la gestion des rumeurs et des stéréotypes liés aux VBG. Les intervenants ont dénoncé la diffusion de fausses informations qui alimentent la diabolisation des femmes et la minimisation des viols conjugaux. Il a été convenu qu’une lutte collective contre la désinformation genrée est essentielle pour améliorer la perception des VBG et encourager un changement social durable.
Un exposé a souligné l’urgence d’éradiquer les mutilations génitales féminines, insistant sur l’importance d’intensifier les efforts pour protéger les droits des filles et des femmes en Afrique. Le Forum de Dakar reste un acteur clé dans la sensibilisation et la mobilisation des acteurs africains contre les violences basées sur le genre.
Par Raïssa Liliane Inamahoro

