Il ne nous a pas fallu que quelque jours avant de constater « Ehe ng’izi za maske n’igihumbi gusa! » (Voici les masques à seulement mille francs). Ce genre de slogan à caractère commercial est tenu par un vendeur de masques à tous les coins du centre-ville de Bujumbura en particulier dans les stations de bus. Mais une question se pose quant à l’hygiène avec laquelle sont vendus les produits ou encore la protection qu’ils procureront au client.

Il est clair que l’an 2020, malgré le caractère chaotique et apocalyptique que lui confèrent ceux et celles qui l’ont vu toucher à son terme, avait pour le moins paru être une année comme tant d’autres notamment au tout début en parlant de la partie Est de l’Afrique sub-saharienne avec le Burundi qui a confirmé ses premiers cas locaux de Covid 19 au mois de Mars mais qui n’a pas subi de très lourds dégâts à l’image de son voisin du Nord le Rwanda qui lui, a déploré des pertes humaines par dizaines voire même par centaines.
Nouvel an, nouvelle règle sanitaire
Mais 2021 n’a pas été aussi clément. Avec le rebondissement de la pandémie au travers le monde, de nouveaux cas sont confirmés créant ainsi la panique mais aussi surtout la réaction des gouvernants qui imposent désormais une nouvelle mesure sanitaire, celle de porter obligatoirement un masque pour ceux qui font usage des transports en commun pour se déplacer.
En prenant une telle décision, le Ministère de l’intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique a anticipé sur le caractère opiniâtre de certains et, a donc prévu des amandes au cas où ces derniers ne s’y conformeraient pas notamment dans les transports publics ou en commun.
Une manne pour les tailleurs
Avec une peur générale de devoir payer une somme colossale pour certains une fois dans l’irrégularité, beaucoup se tournent à l’improviste vers les tailleurs pour qu’ils leur confectionnent des masques ou tout simplement procéder à l’acte d’achat ; jusqu’à créer des points de vente près des stations de bus. Le prix vacille désormais entre 500 et 1500 francs Bu.
Mais ici on peut s’interroger sur la qualité hygiénique des masques lors de la transaction. Une scène dont j’ai été témoin m’a laissé perplexe quant à une quelconque utilité que peuvent fournir ces produits puisque le vendeur qui, criant à haute voix pour qu’on s’intéresse à ses produits, ne cessait en même temps de les manipuler avec ses mains. Oui certes, ils sont lavables mais quelle alternative pour quelqu’un qui doit entrer dans un bus immédiatement car moi-même je peux attester qu’une fois dans le bus, il y avait un monsieur qui venait s’assurer du respect de la consigne sanitaire c’est-à-dire si tout le monde portait un masque avant de démarrer.
Je me suis aussi demandé par la même occasion si les organes de santé nationaux étaient au courant étant donné que le genre de masques commercialisés diffère de celui pharmaceutique connu sous le nom de N95 qui lui, a une durée d’utilisation limitée et jusque-là réservé au personnel médical; parce que se fier uniquement au domaine de la couture serait très risqué vu la vitesse avec laquelle le virus peut se propager. Une chose est sûre : dans le bus j’étais presque le seul à être inquiété par la santé de ceux qui mettaient les nouveaux masques car, en essayant d’en discuter avec Diane*, assise à côté de moi, j’ai pu remarquer que cela ne la dérangeait pas. Je ne suis même pas certain si elle a fait le rapprochement.
Faudrait-il alors mettre un terme à cette économie ? Non, mais un suivi sur les normes d’hygiène s’impose par rapport à l’acheminement du produit depuis le fabricant jusqu’à l’acheteur potentiel.

