Société

Burundi : pseudonymat sur les réseaux sociaux, liberté dangereuse

Aujourd’hui, se dissimuler derrière un pseudonyme, également connu sous le nom de « nom de code », devient de plus en plus courant pour certains internautes, constituant un moyen furtif d’exprimer leurs idées. Cela est très mal vu par l’opinion intellectuelle, mais est considéré comme une forme authentique de démocratie participative en ligne par ses utilisateurs.

crédit photo: Mali Actu

Il est rare de parcourir les réseaux sociaux pendant plus d’une minute sans rencontrer des publications ou des commentaires signés par des comptes pseudonymes. Que ce soit dans le domaine de la musique ou de la politique, ces comptes se sont multipliés ces derniers jours sur Facebook et Twitter, respectivement pour la musique et la politique. Certains de ces comptes deviennent même célèbres en raison de leur sens de l’humour, tandis que d’autres sont considérés comme des « analystes usurpateurs » dont l’intervention sur les polémiques est attendue par l’opinion publique. Nous avons tous connu le célèbre Adoti Umurwizatunga pour ses images et ses légendes époustouflantes, ou encore Umuhinga yigenga pour son analyse impartiale de certains sujets, principalement politiques.

À défaut de prudence, il est facile de tomber dans leur piège.

Tout le monde n’adopte pas ces pseudonymes avec de bonnes intentions. Pour certains, les réseaux sociaux sont devenus un lieu où déverser des flots d’insultes et de haine envers les personnalités publiques. Avec scrupule, ils diffusent des informations mensongères susceptibles de troubler la société, et utilisent un langage souvent grossier. Ils se cachent dans l’ombre, poussant parfois leurs actes jusqu’à en oublier les conséquences sur la communauté et même sur leur propre identité.

Internet est devenu un amplificateur de fake news et de discours haineux, où les utilisateurs consomment tout sans modération. En fin de compte, certains se complaisent dans des opinions égocentriques, tandis que d’autres s’engagent dans des extrémismes chauds.

Au nom de la liberté d’expression

Indubitablement, ceux qui choisissent de se cacher derrière des pseudonymes estiment avoir de bonnes raisons. Pour eux, le fait de percer à travers leurs publications, de s’exprimer en toute quiétude ou encore d’utiliser des noms accrocheurs pour attirer des followers sont autant de raisons valables.

Opérant dans l’anonymat, certains m’ont même demandé de ne pas divulguer leurs véritables identités. Pour moi, ce qui importe le plus, c’est leur auto-jugement.

Pour Eloi *, un jeune homme de 25 ans très impliqué dans la publication sur la culture et la beauté du Burundi, se cacher derrière un pseudonyme est le seul moyen pour lui d’exprimer librement ses opinions afin de promouvoir en toute tranquillité sa passion pour la présentation positive du Burundi. Habilement, il a même choisi le nom d’une femme pour attirer les internautes vers sa page Facebook, confie-t-il.

Tony Blaise *, un autre jeune homme passionné par la culture, trouve son pseudonyme très attrayant. Pour lui, personne ne peut résister à ses publications grâce à l’apparence d’une jeune fille sur son profil. Il récolte ainsi régulièrement et facilement des « j’aime » et des « likes ». Il refuse catégoriquement d’utiliser son propre nom ou sa photo de peur de tomber en disgrâce.

Que des illusions

Les raisons pour lesquelles ils choisissent ces pseudonymes sont trop variées, mais avec quelles conséquences ? Imaginez les sentiments qu’ils ressentent lorsqu’ils répondent aux messages de personnes attirées par l’apparence fictive qu’ils ont créée, ou les caricatures que les internautes font d’eux.

Il est indéniable que les pseudonymes donnent aux internautes un sentiment d’impunité, les incitant à envenimer certaines situations. Mais une chose est sûre, ils vivent toujours dans la crainte d’être découverts, que ce soit pour leurs actions condamnables ou pour des propos illicites qui pourraient les conduire en prison.

Cher internaute, c’est à toi de choisir le chemin qui te convient !

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