Il y a 9ans, Carine sâest laissĂ©e faire. Responsable en partie, un homme a gĂąchĂ© sa vie et elle en souffre pĂ©niblement chaque jour. C’est un nanti qui ne consente que de dĂ©truire la vie des jeunes filles qui probablement ont l’Ăąge de ses enfants. Trop tĂȘtue, emportĂ©e par le pognon du monsieur, sa vie en paiera le prix. TĂ©moignage.

J’Ă©tais encore jeune, lycĂ©enne, adolescente, naĂŻve. Mes seuls soucis surtout en grande vacance câĂ©taient avoir un tĂ©lĂ©phone cher, sortir dans des bars chics et aller danser le soir avec mes amis muri boom y’akaja surtout le dernier jour des fameux examens de fin de trimestre. Ainsi, rencontrer une personne qui peut assurer toutes ses dĂ©penses sans souci Ă©tait comme un rĂȘve!
Tout commence par un lift
Oui ma vie de mĂšre-cĂ©libataire rĂ©sulte seulement de mes stupiditĂ©s poussĂ©es par mon dĂ©sir avancĂ© de vivre au-dessus de mes moyens. L’histoire commença par un lift qui m’a Ă©tĂ© donnĂ© par un monsieur qui a 25 ans de plus que moi et qui se passa pour le bon samaritain un certain vendredi. Emery* m’a croisĂ©e dans la rue et lui, sur son volant il s’approcha tout gentiment. Il se proposa de me dĂ©placer jusquâĂ l’arrivĂ©e destination. Il n’a pas tardĂ© Ă demander mon numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone que je n’avais justement pas. « Oh ça je le rĂšgle tout de suite prend ce tĂ©lĂ©phone » et il me fila 20ÂŁ. KiĂ©âŠ, c’Ă©tait ma toute premiĂšre fois que je touchais les devises. C’Ă©tait hallucinant Ă mes yeux. Et oui, affaire close pour moi je venais d’avoir un vrai kimanjema [sugar daddy :ndlr].
Un rencard qui tourna au vinaigre
Monsieur n’a pas tardĂ© Ă me proposer un rendez-vous. Et chaude que j’Ă©tais, je n’ai pas hĂ©sitĂ© puisqu’il m’avait dĂ©jĂ parlĂ© de son sĂ©jour comptĂ© ici Ă Bujumbura. J’ai rĂ©pondu positivement et on a fixĂ© un rendez-vous le jour suivant. Un bon samedi on s’est rencontrĂ© dans un bistrot. Et voilĂ biĂšre aprĂšs biĂšre je buvais oui et il se faisait tard. Je commençai Ă paniquer. Ma conscience me dit de lui faire mes adieux et regagner la maison.
Emery n’est pas si idiot que ça. Il insista pour qu’on continue Ă boire et me promettant de me ramener chez moi. La pression de l’alcool montant petit Ă petit, je perdis conscience. Mes seuls souvenirs de cette soirĂ©e c’est juste qu’il continuait Ă me tranquilliser. « Tout va bien se passer je vais t’accompagner jusqu’Ă la maison ».
Un samedi sans lendemain
HĂ©las, chose promise chose due en vain. Il m’a droguĂ© et j’ai perdu conscience. Je me suis retrouvĂ©e le jour suivant, un dimanche, Ă 8h quelques minutes dans une chambre d’hĂŽtel. Toute nue, coulante de sang dans des draps tachĂ©s du rouge de sang. Milles questions me traversĂšrent l’esprit sachant que non seulement il m’a deviergĂ©e mais quâil va partir aussi le jour suivant comme il me l’avait dĂ©jĂ dit dans notre conversation autour de la biĂšre. Emery m’a juste laissĂ© son adresse mail.
« Tiens-moi au courant de tes nouvelles. J’en attendrais impatiemment » me disait-t-il [dans une petite lettre: ndlr]. Il n’y a pas pire que tomber enceinte sans mari. J’ai Ă©levĂ© mon fils dans des conditions difficiles et par la grĂące de Dieu il est sain et sauf. Il n’est pas sĂ©ropositif, moi non plus, puisque ma grande peur Ă cette Ă©poque pour le Sida en Ă©tait bien pesante.
Un clin d’Ćil Ă toutes les filles
L’argent facile n’a souvent pas servi Ă grand-chose. Je croyais juste que je vais lui soutirer de l’argent et couper court Ă nos contacts. Mais il s’est avĂ©rĂ© que ma malignitĂ© n’a pas Ă©tĂ© assez efficace pour m’en sortir saine, J’ai mal jouĂ© mes cartes et les consĂ©quences ont Ă©tĂ© trop lourdes pour moi. Songez Ă garder vos valeurs jeunes filles. Rien n’est gratuit ici-bas! Apprenez Ă vous respecter vous-mĂȘme. Tout le monde aimerait vivre dans le luxe mais ⊠uwitonze amira ibinoze.

