Dire oui pour toute la vie devant Dieu et le monde entier, s’accepter tel qu’on est, fonder une famille sont les choses qui symbolisent l’union entre deux personnes. Étant de loin une affaire de biens matériels, d’un homme et d’une femme qui sont tranquillement là, il y a le plus important de tous, le fruit entre ces deux personnes, signe de l’union de leur patrimoine génétique. Ce dernier étant le plus important de tous, il coûta le rêve le plus cher à Patrick : celui de fonder une famille. Il témoigne.

Voir les enfants grandir et courir partout, rentrer le soir dans son humble demeure, être accueilli par des rires aux éclats, des pleurs à chaudes larmes et enfin le plus beau de tous, un câlin: petit qu’il soit, il fait le bonheur de plusieurs et t’honore. Fonder une famille était la chose qui me préoccupait par-dessus tout et qui va me passer entre les mailles du filet, moi qui étais si près du but.
« Si fragile qu’une plume… »
Quatrième enfant dans une famille de 6, mon enfance n’était pas l’une qu’on dirait des contes de fées. Après seulement quelques jours de ma naissance, ma santé s’aggrava, même les médecins ne savaient quoi faire. Tout le monde s’attendait au pire. Moi, dans mon coin, si fragile qu’une plume, je sentais que quelque chose clochait : mon corps me lâchait à petit feu. Quelques jours passèrent, avec seul espoir un petit miracle, les médecins trouvent ce qui n’allait pas. J’étais porteur du gène drépanocytaire AS.
Une enfance pas comme les autres
Après plusieurs traitements, je redevenais normal extérieurement mais à l’intérieur de moi je savais que je devais faire gaffe. A un moment donné, je devrais affronter cette triste réalité, vivre avec était ma seule option. Je grandissais si vite malgré que je fusse cet enfant fragile ayant des ongles bizarres. Plusieurs années passèrent, même l’épisode de mon enfance s’effaça dans ma mémoire, oubliant le plus important.
Rattrapé par mes propres erreurs
30 ans s’écoulèrent. Bonhomme que j’étais, accompli partout que ça soit coté poche ou coté intellectuel. L’heure sonnait pour moi. L’envie d’entrer dans la cour des grands me prenait la tête depuis peu. J’étais prêt. Avec Alice, l’élue de mon cœur, j’étais persuadé que rien ni personne ne pourrait se mettre sur notre chemin. La paperasse finie ainsi que certaines vérifications sur notre état de santé (VIH) ; Alice devint ma femme.
Sous estimant la gravité du fait d’être un porteur du trait AS, tout me tomba sur la face sans aucun échappatoire. Ma femme et moi donnant naissance à notre premier enfant qui était drépanocytaire et qui devra vivre toute sa vie dans un hôpital alors que j’aurais pu éviter cette souffrance à mon fils et à toute ma famille. Tout ce dont je me suis battu tomba à l’eau, tout ça à cause de mes erreurs.
Devenant rare ces temps-là, personne semble ne plus se soucier profondément de l’état de sa santé ainsi que celle du partenaire choisi pour le restant de ses jours. Se souciant principalement du statut sérologique VIH, le reste semble ne rien dire alors que c’est directement notre progéniture ou nous-même sur qui ça va tomber sur la tête, creusant ainsi notre propre tombe. Pour notre bien-être et celui de nos enfants, faisons tous les tests médicaux nécessaires à temps.
Par Nadège Bella Gateka

