Santé

Don de sang : le jour où j’ai sauvé une vie

Le 14 juin de chaque année est célébrée la journée mondiale du donneur de sang. Donner du sang; un petit geste qui redonne le goût à la vie en intervenant tant pour de nombreux traitements que pour les interventions urgentes. Un petit témoignage de mon vécu pour me joindre à la célébration de cette journée spéciale.

©aLome.com

Un jour pas comme les autres, je n’imaginais pas que je franchirais ce pas. C’était comme dans un rêve lointain qui ne se réalisera jamais. Milles étaient les propos que je portais sur le sujet. Toujours avec des prétextes pour expliquer que je ne suis pas concernée. Tout ça pour me tirer d’affaires. Heureusement ou si je peux me le permettre malheureusement (ignorante que j’étais), mon jour arriva. C’était à mon université.

Franchement, les aiguilles me foutent la trouille. C’est l’une des grandes raisons qui m’ont fait attendre trop longtemps avant d’appartenir à cette grande famille de sauveurs (donneurs) sans mettre à l’écart ces mauvaises pensées qui me prêtaient prétexte.

L’avènement dans sa splendeur…

La montre tinte 10h. A l’Université de Ngozi la pause est au rendez-vous. Chacun vaque jouit, de sa façon, de ce merveilleux moment de la journée. Mais, pour moi, le cœur bat 1000 à l’ heure, je ne sens plus mes jambes. Le moment tant attendu semble être plus proche que jamais et moi au milieu, sans aucun échappatoire.
Tout les protocoles finis, y compris les questionnements sur mon état de santé, mon tour arriva. Une infirmière posa un garrot sur mon bras tandis que de l’autre côté son collègue prépare la poche de sang sans oublier ma mal aimée : l’aiguille. A l’instant précis, rien ne marche. J’ai l’impression d’étouffer. L’air semble me fuir et je ne vois que du feu.

Plus forte que je me croyais

Quelques tierces de seconde passées, une puce à l’oreille me rappele que tout mes amis et camarades de classe ne sont pas loin et que si je déconne, malheur à moi. Donc, je décide de me ressaisir, me disant dans ma petite tête : « Je suis forte que ce simple mini machin (aiguille) ». Et là, je ne comprends plus rien, j’ai presque rien senti. Je me demande si ce n’est pas mon imagination qui me joue des tours mais pas du tout .
Le sang commence à sortir de mes veines et voyant la poche se remplir, je ne peux pas m’empêcher de le fixer. Et moi qui croyait que du sang à donner j’en avais pas. Je reste bouche bée face à ce spectacle. Au fond de moi, une immense joie. Je n’arrive pas à déchiffrer cette étrange sensation. Des larmes aux yeux, je n’arrive pas à y croire . Je l’ai fait. Tout à coup, la poche est pleine. Je n’ai presque rien senti au moment de son remplissage.

Quelle désillusion !

Dans ma tête, je n’arrêtai pas de me dire que l’étape suivante serait l’évanouissement, rien d’autre. Coûte que coûte c’était ce qui allait suivre après le don. Voilà l’un des propos qui m’empêchait d’appartenir à la grande famille de sauveurs. Mais à ma divine surprise, rien de tout ça n’arriva. Je n’ai eu que de simples vertiges et après quelques minutes, retour à la maison, ma vie quotidienne, à la normale quoi. En guise de bonus, j’apprends que je pourrais connaître mon état de santé ainsi que mon groupe sanguin faisant d’une pierre deux coups. Mais aussi , j’ai pu sauver une vie ce jour là.

Ce fût un jour inoubliable, une expérience que je n’hésiterai pas à recommencer même les yeux fermés et si j’y suis arrivée moi qui suis normalement si fragile à mon goût avec seulement 54kg, toi aussi tu peux y arriver. Ensemble sauvons des vies.

Par Nadège Bella Gateka

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