En décembre 2019, le ministère de la santé publique et de la lutte contre le Sida a procédé à une campagne de distribution gratuite des moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII) édition 2019, sous le thème : « La moustiquaire est la meilleure façon de se prévenir contre les piqûres des moustiques ». Néanmoins, pas mal de burundais semblent ignorer le rôle vital des MII malgré la sensibilisation offerte, ce qui pourrait augmenter le nombre de malades ou décès liés au paludisme.

Avec l’avènement du covid-19, il paraît que les choses ont toutes changé. Nous avons la peur. Et cela n’est pas sans cause si on analyse comment ce virus se propage d’un continent à l’autre, d’un pays à l’autre, d’une région à une autre et enfin d’une personne à une autre. Comme vous aussi vous le voyez, la situation continue de s’aggraver dans le monde ainsi qu’au Burundi, avec 83 cas positifs déjà confirmés jusque là.
Par ailleurs, nous devrons apprendre comment gérer la situation avec le covid-19 et les autres maladies. N’est-ce pas que vous pensez presque seulement à cette pandémie en cette période ? Si c’est le cas chez quelques uns, rendez vous un jour à l’hôpital ou au centre de santé. Vous verrez peut-être que les chambres sont toujours remplies de patients atteints de maladies autres que le covid-19. Et si c’est comme ça, à quoi nous servirait-il de nous préoccuper seulement du covid-19 et par conséquent d’oublier de nous protéger contre les autres maladies pas moins dangereuses comme le paludisme ?
Une épine dans le pieds de notre santé
« Il y a des personnes qui s’étaient inscrites mais qui ne sont pas venues récupérer leurs moustiquaires, qui sont par la suite remises à l’asbl Caritas Burundi » affirme Alexis (pseudo), un des distributeurs des moustiquaires à Mutanga à cette période là. « Il y aurait même ceux qui les ont conservées dans les maisons sans les utiliser comme convenu », redoute-il.
Même si certains d’entre nous ne comprennent pas ou ignorent l’importance des moustiquaires dans la lutte contre le paludisme, l’organisation mondiale de la santé ( OMS ) souligne que ce dernier est dû à des parasites du genre plasmodium transmis à l’homme par des piqûres de moustiques femelles de l’espèce anopheles infectés, appelés vecteurs du paludisme, qui ne se préviennent que par dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide.
Une maladie très dangereuse…
Selon le dernier rapport sur le paludisme dans le monde publié en décembre 2019, le nombre de cas de paludisme dans le monde est estimé à 228 millions tandis que le nombre estimé de décès imputables au paludisme s’est élevé à 405.000 en 2018. Les enfants âgés de moins de cinq ans constituent le groupe le plus vulnérable touché par le paludisme. En 2018, ils ont représenté 67 % des décès imputables au paludisme dans le monde (soit 272 000).
En Afrique, les cas de paludisme sont de 93% tandis que les décès imputables sont de 94% en cette même année.
… mais évitable
L’ OMS affirme qu’en Afrique subsaharienne, région qui supporte 90% de la charge mondiale du paludisme, plus de 663 millions de cas ont été évités depuis 2001. Les moustiquaires imprégnées d’insecticide ont eu le plus fort impact, représentant, selon les estimations, 69% des cas évités grâce aux moyens de lutte.
Pour ce faire, elle recommande un ensemble d’approches de prévention qui ont fait leurs preuves, notamment l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide, la pulvérisation d’insecticides à l’intérieur des habitations et les traitements préventifs pour les groupes les plus vulnérables, à savoir les femmes enceintes, les enfants de moins de cinq ans et les nourrissons.
Par Dieudonné Ndayizeye

