Économie

Burundi : comment l’agriculture peut contribuer à remédier au problème de chômage?

Alors que le chômage reste un problème qui préoccupe un nombre considérable de jeunes, l’agriculture sera parmi les secteurs non négligeables pour y remédier si les entrepreneurs s’y investissent convenablement.

Culture du thé au Burundi ©RFI

Nous savons que plus de 90% de la population vit de l’agriculture. Cette dernière ne parvient pas à résoudre le problème du chômage pour les jeunes. En décembre 2017, le taux de chômage était de 65%. Certains essaient de créer leurs propres emplois, mais peu de jeunes qui investissent dans le secteur agricole.

Investir en agriculture, difficile mais faisable

Benjamin Nzoyihaya, âgé de 24ans, est un jeune entrepreneur de Cibitoke, en commune Rugombo. Il est coordinateur de l’association Est African centre for innovations and entrepreneurship. Après avoir été diplomé en TAA, il s’est donné l’objectif de créer son propre emploi dans l’agroalimentaire.

« Nous réalisons des projets agricoles de certains fruits comme le piment, les tomates,… Nous avons aussi un projet d’intégrer une usine de transformation des produits alimentaires .L’élevage de petits volailles ainsi que le commerce de ces produits est aussi un atout. Nous avons un projet d’enseigner les nouvelles coopératives d’agriculture et d’élevage les méthodes modernes de produire un rendement meilleur. » nous confie-t-il.

Dans cette association, 50 travailleurs dont 20 travaillant dans les champs,10 dans l’usine de transformation des produits alimentaires, 20 dans le domaine commercial. Ceux qui travaillent dans les champs bénéficient d’un salaire de 2500Fb par 1/2 jour. Les agents commerciaux 120 mille Fbu par mois. Maintenant, Benjamin a gagné le marché de fournir des tonnes de maïs pour une somme de 50 millions Fbu.

L’agriculture est pratiquée d’une façon traditionnelle par environ 1.2 millions de familles rurales , ce qui a des répercussions sur le rendement car la filière agricole reste rudimentaire. Beaucoup de produits agricoles sont utilisés dans des industries et changent la vie des agriculteurs car ils ont un bon marché d’écoulement. C’est par exemple le sorgho blanc utilisé par la Brarudi.

Les défis ne manquent pas

Les jeunes qui veulent se lancer en agribusiness rencontrent de nombreux défis. Le manque de terres cultivables, le manque de capitaux et le manque de formations viennent en tête.
Le Burundi investit moins dans le secteur agricole. Les chiffres en témoignent. En 2008, le budget national pour l’agriculture était inférieur à 2 %. En 2009, il était de 2,4 %. Il sera rehaussé à 3,7 % en 2010 puis à 7 % en 2011. En 2019, l’agriculture a été attribuée un montant de 141 milliards BIF environ 9 % du budget.

Ce qu’il faut faire

Il seraitt indispensable que les entreprises privées mettent leurs capitaux dans ce secteur et créent plus d’emplois pour les jeunes. La formation des jeunes entrepreneurs en agriculture par des enterprises ou les associations qui investissent dans ce secteur serait aussi un atout. Les jeunes devraient apprendre comment pratiquer l’agriculture de façon professionnelle pour qu’elle soit un moyen de sortir du chômage que connaît bon nombre de jeunes actuellement dans notre pays.

Par Rénovat Ndikumwenayo

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