La cohabitation sociale dans nos diversités est l’une des richesses inédites à la disposition de la nouvelle génération. Cela étant, je ne doute pas que la nouvelle génération ne soit pas ethniquement nulle en matière de la prise de conscience de son appartenance ethnique. Il reste à savoir qui informe l’enfant de son appartenance sociale, clanique ou ethnique. Qu’ est ce que cela peut avoir comme conséquence sur la nouvelle génération ?

Il est évident que les différences sont inévitables et celles-ci constituent une force vitale en matière de construction d’une société prospère, solide et solidaire. Certes, parmi les instances de socialisation, la famille se veut la plus importante. Elle s’impose parce qu’à côté de ses responsabilités d’éducatrice au premier rang, l’affection parentale empêcherait le père ou la mère à agir de la manière nocive à ses enfants. C’est à ce titre que je me demande si les différences éthniques sont apprises à travers les pairs ou les parents.
Que ces idées proviennent des parents ou des pairs, cela importe peu. Mais que disent les parents à l’enfant en matière de l’appartenance ethnique? Je ne doute pas que certains parents vont même jusqu’à empêcher les relations entre leurs enfants et ceux des voisins pour une simple raison qu’ils n’ont pas la même appartenance ethnique.
Quid de la communication en famille ?
A mon humble avis, le problème ne se trouve pas à l’existence de différences. Je me permets de l’appeler ainsi car scientifiquement parlant, le Burundi ne connait pas d’ethnie mais des différences. Le problème commence à partir du moment où la différence fait objet de discrimination. Une question me reste en tête : qui doit informer les enfants sur ces sujets? La délicatesse des sujets de la sorte réside dans la manière dont agit la société. Dans quelques décennies, les enfants ont été tués dans la sous région suite à ces différences. Ma peur est que leurs petits frères et sœurs risquent de grandir avec des blessures et cela se répercutera sur l’éducation qu’ils donneront à leurs enfants. Ainsi donc les conflits deviendront cycliques.
Qui va le faire ?
La communication entre les enfants et leurs parents en matière de leur appartenance politique n’est pas sans effets. Kanyambo*, une jeune fille voisine affirme qu’avoir grandi dans une famille d’une éthnie autre que la sienne faisait que ses voisins la stigmatisaient parce qu’elle était né d’un père d’une ethnie contraire a celle de sa mère. Elle était élevée chez sa grand mère maternelle et était la seule de son éthnie. « La discrimination m’a marquée à tel point que je ne voulais pas entendre le mot ubwoko (éthnie). » affirme Lydie.*
Je qualifie la famille comme la première à désintoxiquer pour ne pas dire à éduquer les enfants à la paix et à l’unité. La communication familial devrait résoudre cette question. Si les parents ont tout dit et orienté, personne d’autre ne parviendra à convaincre que la différence fait objet de division. Soyons humbles et disons : il sera difficile de convaincre que la différence fait objet de division. Cela ne veut pas dire que l’école et les autres instructeurs n’ont pas de rôle à jouer mais je veux dire que l’ikiyago co kuziko ( la communication familiale ) serait une meilleure solution.
La cohabitation pacifique se veut une base pour développer une société prospère et cela renforce notre autonomie tant économique que politique car disait le sage Martin Luther King : » vous devez apprendre à vivre ensemble comme des frères sinon vous mourrez ensemble comme des idiots » .
* les noms utilisés sont des pseudos

