Société

Mariage à la fac : l’impatience ou l’éco?

Le mariage est un droit, pourvu que la majorité civile soit atteinte. La Déclaration universelle des droits de l’homme le reconnait et la constitution de la République du Tambour est une référence sans précédant. Il appartient alors à la jeunesse de juger quand se marier. Dans tous les cas, le mariage reste une « éternelle union » tant des corps que des biens.

Loin d’être une simple plaisanterie, c’est une très forte décision de passer d’un état à l’autre. Malgré l’engagement que nécessite cette décision, les jeunes, surtout le monde féminin, se marient étant encore étudiants.

Là je ne parle pas des DDM (diplôme, dot et mariage). Certaines questions me restent sans réponses : l’âge suffit-il pour justifier la gestion du foyer ? Je ne crois pas. Tous les mariages sont-ils résultats de l’amour entre deux ? Oui et non car le matérialisme a aussi sa place. Les mariages avant la fin des études rendent-ils heureux ?

Je crois que j’ai le droit d’en douter. Certes, les mariages à la fac rendent la vie un peu compliqué, qu’on soit matériellement aisé ou pas. Akingabiye (pseudo) m’a confié une discussion là dessus. Elle reconnait combien il est difficile de se présenter régulièrement à la fac à 8 mois de grossesse et reconnait que trouver quelqu’un qui supportera toutes les charges financières durant les trois ans de l’université est un soulagement à l’endroit de ses parents. Voilà l’une des raisons de croire que le matérialisme n’est pas loin de la décision de se marier avant la fin des charges académiques.

Les conséquences

Je ne décourage pas les amoureux qui veulent remplir cette noble mission mais je reviens sur les conséquences du mariage « anticipé ». Les sentiments des jeunes mariés disparaissent au fur du temps. Pire encore, quand l’enfant entre dans la danse, tout ce qu’on va faire se fera non pas parce qu’on s’aime mais parce que c’est un devoir. Le mariage est un moment de découvrir les autres faces du partenaire car chaque médaille a son revers.

La jeunesse a ses obligations et le mariage a aussi les charges et obligations qui ne se marient pas avec le loisir que réclame la jeunesse. Les charges et les difficultés risquent d’absorber ces sentiments qui animaient la noble période des fiançailles. C’est pour ces raisons que malheureusement certains foyers ne durent que quelques années et après, le couple se sépare. Ce n’est pas bon de le dire mais comme ça se passe, un homme averti en vaut deux. Ne soyons pas surpris(es), si les rêves d’un mariage idéal ne se réalisent pas car toutes les bonnes choses prennent du temps.

Il s’avère bien et nécessaire de tourner la tête plusieurs fois avant de décider car apparemment la décision sera bonne ou mauvaise non seulement pour vous mais aussi pour toute la société.

La société dans la mesure où la jeune génération a besoin de modèle et il suffit de se demander : « Suis-je un bon modèle pour la nouvelle génération ? ». Ce n’est pas seulement ce monde qui nous évalue mais nos descendants pourraient être victimes des décisions prises par les parents. Il importe de se demander pourquoi prendre des décisions qui choqueraient nos enfants et pourquoi les mettre dans l’angoisse et établir des barrières dans leur vie.

La vie est une roue qui tourne et nos décisions devraient correspondre à son rythme. Je ne suis pas prophète mais je prédis les conséquences des précipitations dans les mariages. Je n’influence personne mais les conséquences que subissent ces monoparentaux, touchent les cœurs fragiles et j’estime que la jeunesse est une période meilleure pour jouir des opportunités qu’offre ce monde et non pas à gâcher.

Le respect du droits de la femme n’est pas à rejeter car il m’étonnerait si la femme réclamerait et réussirait en matière du respect de ses droits, car sur ce sujet, la communauté des biens se montre le régime préféré au Burundi mais les procès qui portent sur la séparation des mêmes biens ne sont pas moins nombreux, pour ne pas dire les meurtres commis suite aux mésententes entre les couples en matière des biens communs.

Compte tenu de cela, je me retrouve en droit de me demander s’il ne serait pas bon d’attendre qu’on ait le minimum de biens avant de se marier au lieu de compter sur les biens du mari.

Par Thierry Bamporiki

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